Mardi 6 mai 2014

L'hypocrisie à la sauce française

Dans le même temps où ils demandent "pardon" pour le passé colonialiste de la France, les présidents français ne vont pas jusqu'à demander "pardon" aux pays colonisés et opprimés, depuis des siècles jusqu'à aujourd'hui et toujours prisonniers de l'hexagone.

La France est un des rares pays à ne pas avoir encore signé la Charte Européenne des langues régionales, sous le prétexte hypocrite que cette Charte serait incompatible avec la Constitution française (!) ... mais de là à changer cette Constitution qui mériterait pourtant de passer à la refonte et ce, à plus d'un titre, c'est un pas que les jacobins estampillés refusent de faire.

L'article ci-dessous dénonce un énième coup bas de cette France qui se croit "grande" et "exemplaire" et est en réalité misérable et à bout de souffle.

C’est grand, c’est beau,

c’est généreux la France

Deux jacobins pur-jus, fidèles serviteurs de l'état français

le Préfet Pierre-André Durand (à gauche) et le Sous-préfet Patrick Dallennes (à droite)

 

L'article est écris par EllandeDuny-Pétré

Tous les historiens sont d’accord là-dessus : depuis deux siècles, l’Etat français n’a eu de cesse que d’éradiquer tous les «patois» utilisés par différents peuples de l’Hexagone, au profit d’une langue unique, celle du dialecte de l’Ile de France.

Dans le pays de Descartes et de Rousseau, on pouvait s’attendre à ce qu’en toute logique et dans un souci d’équité, de justice et de fraternité, le peuple dominant qui a commis un tel crime culturel et linguistique, ait un souci, celui de la réparation historique. Il n’en est rien.

Deux hauts fonctionnaires français gardiens du temple jacobin, préfet et sous-préfet qui font carrière sous un gouvernement de gauche, viennent de commettre le 2 mai une circulaire de 25 pages qui limite l’aide que peuvent apporter les communes aux écoles proposant l’enseignement de la langue basque en immersion.

Chacun sait que seule cette filière conduite par Seaska est à même d’assurer une connaissance de l’euskara suffisante dans un contexte linguistique aussi défavorable que le nôtre. Une pléiade de juristes payés par le peuple français a donc planché pendant des mois pour ficeler cette dernière arme susceptible d’accélérer la disparition du patient en phase terminale. Ce texte a tout prévu, il ouvre même la porte à une remise en cause de l’aide antérieurement accordée, au titre d’une régularisation au fil du temps, sans aucun délai fixé.

Nos deux préfets ne font qu’appliquer la «loi républicaine», celle de leur ethnie et sa classe dominante : si vous n’êtes pas contents, adressez-vous au législateur, affirment les deux fonctionnaires. En décodé, cela signifie que pour avoir gain de cause, les Basques doivent convaincre une majorité de députés français. S’ils se contentent de convaincre et d’élire quelques maires de leurs trois petites provinces, ce n’est pas suffisant pour ces grands démocrates. Ceux-ci placent aussitôt la barre cent fois plus haut. Le cynisme français donne une idée assez exacte de l’infini. L’Espagnol Mariano Rajoy dit la même chose aux Catalans : le référendum sur l’avenir de leur pays doit avoir lieu dans toute l’Espagne.

L’insistance dans l’acharnement pratiqué par les fonctionnaires coloniaux n’a d’égale que le refus de la réparation historique à l’égard des langues de l’Hexagone, projet à peine évoquée par François Mitterrand au début des années 80. La réparation historique… ce thème ressurgit ces jours-ci à propos des désastres, des discriminations et des immenses profits engendrés par l’esclavage et la traite négrière. Les Etats-Unis s’engagent sur la voie de la réparation. En France, la question divise…

Quant à nous, nous n’avons qu’un devoir, celui de dire : merci bwana. L’écho parisien répond : l’euskara est moribond, achevons-le ! C’est grand, c’est beau, c’est généreux la France.

 

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