Jeudi 10 avril 2014

Election du Président de la CdC Albères-Vallespir

Belle pantalonnade que le spectacle affligeant du vote du président de la Communauté des Communes qui, suite à une entente très cordiale entre la gauche et la droite, a reconduit Pierre Aylagas, député-maire PS d’Argelès et seul candidat à sa succession au poste de « président de la CdC » …. voir la vidéo ICI

Il a eu chaud le maire d’Argelès ! Qu’a-t-il promis exactement et à qui ? Mystère et boule de gomme ! Il paraît que dès qu’il a appris la défaite humiliante de son copain Moly à Collioure, qui du coup faisait passer la cité du fauvisme à droite, défaite à laquelle il lui a fallu ajouter celle, honorable, de Rull (23 voix d’écart c’est peu !) sans oublier la défaite incompréhensible du maire d’Elne, le sympathique Nicolas Garcia PC, le résultat a fait basculer à droite la majorité de la CdC jusqu'ici à gauche et obligeait à choisir un nouveau président.

Ce changement de majorité n'empêcha pas Pierre Aylagas de maintenir sa candidature, contre toute logique car si les choses s’étaient déroulées selon la norme, Pierre Aylagas, élu de gauche mis en place par une majorité de maires de gauche aurait perdu son siège de président. C'était compter sans les intrigues de couloir ... Dès le soir du premier tour des municipales, sans doute après la mise en orbite de son grand copain Michel Moly, Pierre Aylagas sentit trembler sous son auguste fessier le fauteuil de Président de la CdC.

Devant une telle menace, foin de l’idéologie socialiste, foin de l’honneur, foin de la dignité, l’important est de sauver les meubles !

En faisant quoi exactement ?

Et bien en allant courtiser, toute honte bue, les adversaires de droite avec lesquels Aylagas avait sans doute eu quelques « contacts », les sondages ayant prévus la déculottée que la gauche allait se prendre aux municipales. Dans ce genre de situation et même si publiquement il est de bon ton de s’écharper à belles dents, un "bon" politique anticipe et est prêt à tout pour conserver par devers soi le saint Graal qui pour le maire d'Argelès était bien sûr son fauteuil de Président. Mais pour ce faire il devait obtenir la certitude qu'aucun maire de droite ne se présenterait au poste de président, auquel cas sa défaite était assurée aussi sûrement que 1+1=2

Pierre Aylagas a bien intrigué et a été reconduit à son poste à la majorité, moins un farceur qui a dessiné une grenouille sur son bulletin de vote. L’ex-nouveau président a essayé d’en rire, mais il est clair qu’il n’a que très petitement apprécié la plaisanterie et surtout le rejet de sa candidature via une "granota". Pour ceux qui ne comprennent pas le catalan, une granota est une grenouille, surnom donné par les Catalans du nord aux gens d’Argelès. A Banyuls nous sommes les "orellots" (grandes oreilles) à Collioure les "conills" (lapins) … ces surnoms de jadis sont comme un bol d’air frais car ils nous font souvenir d’un temps où la politique locale n’avait pas les relents de mauvaise soupe qu’elle a aujourd’hui.

Ce qui est décourageant à pleurer, c’est que bien qu'il cumule les postes de : maire, député, président et peut-être d’autres que je ne connais pas, si vous demandez à Pierre Aylagas s’il est « pour » ou « contre » le cumul des mandats, il vous répondra certainement qu'il est « contre » et qu’il votera en ce sens le jour où la proposition de loi sera soumise aux députés ... j'ai envie de dire : Oui ! Quand les poules auront des dents, tellement cette loi contre le cumul des mandats tourne à la mauvaise farce à force d'être retardée et allègrement bafouée par tous ceux qui font semblant de l'attendre impatiemment !

Il y a autre chose qui est décourageant à pleurer, en tout cas pour les habitants de la Côte Vermeille où j'habite. Il fut un temps pas si lointain où la Côte était le plus petit canton de France. Un canton qui gérait lui-même ses affaires grâce au District réunissant les 4 communes de Collioure, Port-Vendres, Banyuls et Cerbère. Jusqu’au jour où notre petit canton est passé, par une mystérieuse entourloupe, du « District de la Côte Vermeille » à la « Communauté des Commune Albères-Vallespir » ! Exit le plus petit canton de France … il a disparu corps et bien dans le profond giron de la CdC Albères-Vallespir ! Des années plus tard je n’ai pas encore digéré que nous, habitants et électeurs de la Côte Vermeille ayons été écartés, purement et simplement, d’un choix qui décidait de notre avenir ! Pire ! Nous n’avons appris la nouvelle de cette forfaiture (je considère que c’en est une !) qu’après que l’affaire fut réglée ! On peut dire « Merci ! » aux maires responsables de ce choix de nous avoir vendus pieds et poings liés à une CdC qui se soucie autant de nous et de nos problèmes que de la neige qui tombe sur le Canigó !

Pourquoi cette trahison ?

Pure cuisine politicienne ! Cette fusion hors nature renforçait le Pouvoir de la CdC, cette entité qui se veut à l’image de la sinistre « agglo » de Perpignan … mondialisation oblige, il faut voir GRAND et tant pis pour l’Humain qui, c’est bien connu, n’intéresse pas les politiciens, gens trop sérieux, trop occupés pour verser dans le sentimentalisme à deux sous ! Le discours bien peaufiné de tous ces prédateurs est que le temps n’est plus à l’Humain, à la compassion, à la considération des plus démunis, au social, il paraît que nous vivons je cite de mémoire : une guerre économique sans merci et si nous voulons survivre il faut faire des sacrifices ! etc.. etc.. C’est par ces billevesées que les politiciens veulent nous faire croire qu’ils ne peuvent pas « faire autrement » parce que « les temps sont durs » !

Certes les temps sont durs, mais pas pour tout le monde !

Pour en revenir à la disparition du « District de la Côte Vermeille » au profit de la CdC, il n'y a vraiment pas de quoi pavoiser, surtout quand on sait que certains villages de la CdC sont aussi dans l’agglo et que le maire d’Argelès, si j’en crois la rumeur, aimerait bien y introduire sa bonne ville, mais il paraît qu’Argelès est « trop éloigné » de Perpignan, l’épicentre, et pour cette raison s’est vu refusé l’entrée du sanctuaire ... chacun en tirera ses propres conclusions.

Quant à nous, gens de la Côte, avoir tordu le cou à notre bon vieux District ne nous a servi à strictement RIEN ! sinon de devenir la dernière roue du carrosse d’une CdC qui louche sur les quelques emplois qu’il nous reste pour nous les prendre et les amener « ailleurs », parce que bien sûr « ailleurs » c’est « mieux » !

Aujourd’hui, la Côte Vermeille, glisse inexorablement vers la pauvreté et la misère avec pour conséquence la fuite sous d’autres cieux de notre jeunesse !

Qui se soucie de ce glissement vers le bas ?

Certainement pas le Président de la CdC et je ne suis pas sûre que nos 4 maires, de droite comme de gauche, puissent renverser cette fâcheuse tendance, malgré les promesses que Pierre Aylagas a pu leur faire.

Quand on constate la convoitise des hommes politiques à vouloir prendre le Pouvoir aussi bien de l’Agglo de Perpignan, Pujol a déclenché une tempête en se portant candidat, que de la CdC d’Argelès qui a mis Aylagas sur les dents pendants 15 jours, même le plus ahuri des électeurs comprends que c'est la soif de Pouvoir et non le souci du « bien public » qui fait courir ces cupides vaniteux !

Pour conclure on peut dire que le non cumul des mandats, qui était une des nombreuses promesses électorales du monsieur « moi président de la république je … » n’est pas pour demain ! Normal, gauche ou droite, extrémistes ou centristes, locaux ou nationaux, TOUS les politiciens actuels s’entendent comme larrons en foire et ne sont pas prêts de lâcher un filon qui leur assure des fins de mois très confortables ET exonérées d’impôts, puisque, comme chacun sait, les « indemnités » des élus ne sont pas soumises à l’impôts !

Votre avenir est incertain ? Essayez la politique, c’est un peu comme au poker, le plus menteur l’emporte et comme au loto, ça peut rapporter gros !

 

 

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